Faune et flore des terrils :

La présence de cette biodiversité s'explique par le fait que le terril est un milieu présentant des caractéristiques particulières :

En raison de la présence de pierres sombres tels que le schiste, le terril est noir et son sol est chaud.
Comme tout corps sombre absorbe l’énergie lumineuse sous forme de chaleur, son sol se chauffe très facilement pendant les période d’ensoleillement.


Sur un terril ayant un volume supérieur à 100000 m3 et contenant de la pyrite, ce réchauffement peut provoquer une augmentation de la pression et l’oxydation de la pyrite, brûlant ainsi les restes de charbon présents.

Il se produit alors le phénomène de combustion des terrils.
La température augmente, le sol s'acidifie et les schistes deviennent rouge.

Pyrite.

Schiste rouge.

Ensuite, avec sa texture très caillouteuse, le sol d'un terril est généralement poreux et très perméable à l'eau de pluie, donnant alors une percolation très rapide de l'eau de pluie et l'apparition d'éventuelles mares autour du terril.

Flore

Les plantes herbacées présents sur le terril viennent de la flore des environs et sont des espèces se développant en milieu sec et très sec, humide et salé.

Elles se répartissent sur le terril en fonction des conditions particulières présentes (pente mobile, zone en combustion, climat sec …).

Tussilage pas-d'âne.

Pour les arbres, l'espèce la plus représentée est le bouleau en raison du fait qu’il apprécie tout les types de terrains. 

On retrouve également des sorbiers des oiseleurs, des aubépines, …

Bouleau verruqueux.

La flore arrive sur le terril grâce :

Au vent.

Pour les petites semences légères comme le bouleau, l'épilobe en épi ou encore l’érable.

Aux oiseaux.

Ces derniers ingurgitent ou cachent des graines, des fruits charnus ou encore des baies qui résistent à l’attaque des sucs digestifs et sont évacués dans les fèces.

Par contre, pour des raisons d’intégration dans le paysage, une loi de 1911 ordonnait le boisement des sites industriels comme les terrils. Le boisement artificiel permettait ainsi d'introduire des espèces d'arbres plus intéressantes au niveau économique. Les racines de ces arbres implantés entraînaient également une stabilisation des pentes plus rapide protégeant ainsi des bâtiments au pied du terril d'un éventuel éboulement.

Faune

La faune présente dépend du microclimat qui y règne et s’installe en fonction des différents milieux qu'on retrouve sur le site :

- Si des mares et des zones humides s'y sont formées, celles-ci permettront la présence d’une faune aquatique ou semi-aquatique comme des batraciens ou encore des insectes ainsi que leurs larves.

Nymphe au corps de feu.

- Les plantes herbacées attirent de nombreuses espèces d’insecte ainsi qu’un grand nombre d’oiseaux, petits rongeurs, lapins, …

- Les zones boisées peuvent accueillir des espèces carnivores tels que le renard et des mustélidés.

Mésange bleue.

Renard roux.

Longtemps considérés comme des reliefs inintéressants et gênant le paysage, les terrils font maintenant l’objet de protection. En effet, dans des régions où règne l'industrie, les terrils peuvent être les seuls espaces verts. Ils peuvent ainsi servir de lieux de détente, de promenade, de rencontre… Avec la colonisation naturelle et la verdurisation, ils participent à améliorer la qualité du paysage des zones industrielles.

Cependant, certaines perturbations tels que les coupes de bois ou encore les incendies, les terrassements, l’enlèvement sauvage de schiste, la destruction de la végétation sur les terrils peuvent altérer la faune et de la flore qui s'est développée. C'est pourquoi de nombreuses actions tels que le reboisement, l’engazonnement ou encore le classement en réserve naturelle sont nécessaire pour préserver ces fabuleux poumons verts, vestiges de l'histoire minière de nos régions.

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